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Sincérité, gratuité, esprit d’équipe : tous en scène !

Mesdames Dubois et Lhoir ayant souhaité ne plus prendre en charge le cours « création de spectacle » en 2e isalt, option animation, c’est à un professionnel extérieur, Xavier Schaffers, comédien, metteur en scène et producteur, qu’ont été attribués les quatre auditoires concernés avec un cahier des charges un tant soit peu différent du précédent. Les spectacles ont eu lieu les 20 et 21 décembre dans la salle polyvalente. Interview du nouvel animateur et point de vue des étudiants!.

BI : Pouvez-vous commencer par vous présenter, Xavier Schaffers ?

Xavier : De formation, je suis comédien, mais très vite je me suis consacré à la mise en scène, ce qui m’a amené très rapidement aussi à faire de la production (organisation, gestion, financement…), puisque j’ai produit mes propres spectacles. Par la suite, j’ai commencé à produire également les spectacles d’autres dramaturges, Charlie Degotte, Frédéric Dussenne, Thierry Smits,…, une trentaine en tout. J’ai réalisé une dizaine de mises en scène au Théâtre des Tanneurs, au Théâtre national, Au NTB (qui n’existe plus), au Varia, au Théâtre de Poche. Depuis quelques années, je m’implique très fort dans la mise en scène de projets amateurs. J’ai ainsi réalisé dans les Marolles à propos de et avec des Marolliens un spectacle gigantesque « le bal des Marolles », un autre « Qu’est-ce que vous avez à me regarder comme ça ? », commandité par la Commune de St Josse. J’ai travaillé pour ce faire tous les samedis pendant un an avec des jeunes de douze nationalités différentes au Varia. J’ai également été directeur du CREAHM de Bruxelles, Centre de Créativité pour Handicapés Mentaux, et en équipe, nous avons relevé des défis magnifiques… Travailler avec les étudiants amateurs de l’isalt correspond donc bien à mes réels centres d’intérêt.

BI : En quoi consistait votre cahier des charges ?

Xavier : J’ai appris que, par le passé, chacun des auditoires était suivi soit au premier soit au deuxième quadrimestre par madame Dubois ou madame Lhoir. Chaque groupe avait donc la possibilité de travailler 200 minutes avec le professeur. Il m’a été dit que cette structure était lourde pour les étudiants au 2e quadrimestre, car ils y étaient trop occupés par leurs cours, voyage, séminaires, etc. Les 4 cours se donnent donc tous au 1er quadri à présent, et non pas en 200 minutes de présence avec le professeur, mais 100, puisque je reçois deux groupes par après-midi de 200 minutes. Cela laisse vraiment peu de temps pour construire un résultat digne de ce nom ; c’était bien là le défi. Dans le cahier des charges de départ, il ne m’était pas demandé d’en arriver à la présentation publique d’un spectacle, mais devant la déception des étudiants et par souci de les motiver davantage, nous avons décidé, M. van Lieshout, Directeur, et moi-même de viser la présentation en fin de quadrimestre de courts spectacles, en fin d’après-midi, destinés à l’interne, et non en soirée pour des extérieurs.

BI : Dans ce cadre très précis, comment avez-vous organisé votre cours ?

Xavier : J’ai d’abord tâté le type de public auquel j’avais affaire en leur faisant réaliser des exercices basiques pour tout dépoussiérer : corps, voix présentation, énergie, cela pendant 2, 3 cours. Le côté ludique est très important pour moi dans ce type de travail, mais assorti d’une discipline et d’une rigueur tout aussi capitales. Si un étudiant évalue l’activité en écrivant « On s’est bien amusés ! », je pense qu’il est passé à côté de l’essentiel qui est qu’il a pu, avec les autres, réaliser l’impossible, c’est-à-dire un spectacle sans aucun moyen en un temps record ! J’ai voulu que les étudiants comprennent que c’est de l’ordre du possible, ce qu’ils pourront utiliser plus tard dans leur vie professionnelle, quelle qu’elle soit. Ce qui est important aussi, c’est de les pousser à débrider leur imaginaire, et là, ce n’est pas le plus facile…
Par la suite, j’ai consacré quelques cours à l’improvisation sur des thèmes imposés, avant d’entamer la réflexion sur la thématique du spectacle, puis, après le congé de Toussaint, sa construction, les répétitions, la régie, l’affiche…

BI : Et au bilan ? Que retirez-vous de cette première expérience en nos murs ? Vous sentez-vous prêt à recommencer l’an prochain ?

Certainement ! Preuve a été faite que, même si le défi était d’importance, il était possible de le relever, et les étudiants ont finalement produit des résultats, inégaux certes, mais en énergie et enthousiasme. Bon nombre de leurs réalisations touchaient au monde du voyage. On sent par là que leurs études de tourisme sont au centre de leurs préoccupations et de leur imaginaire.
Je dois réfléchir, pour l’an prochain, à la manière de gérer toujours mieux ces deux énormes impératifs : le peu de temps et l’importance des groupes (plus de 30 étudiants parfois…).
Ma seule déception serait sans doute le manque de motivation de certains étudiants.
Au niveau personnel, j’ai beaucoup appris. J’adore travailler avec des amateurs, car si énergie il y a, elle est sincère et gratuite ; si esprit d’équipe il y a, il est vrai et franc. J’apprécie aussi tout particulièrement coacher cette forme d’apprentissage où on part de zéro pour déboucher sur une réalisation qui tient la route.

Qu’en pensent les étudiants ?

Les 2es A4, au lendemain de leur prestation, et toujours sur le coup d’une émotion, mélange de plaisir et de fierté, témoignent pour le BI avec enthousiasme : Noémie, Céline, Xavier, Johanne, Mathias, Emilie, Sophie et tous les autres évoquent surtout l’importance de la chouette expérience vécue pour la cohésion du groupe, « ce qui» ; continue Noémie, « est très bon pour nos études en général, car à présent, nous nous entraidons ». D’autres se réjouissent de cette audace nouvellement acquise, qui leur a permis de se dépasser sur le plateau.
« On est d’autant plus heureux », explique Johanne, « que notre spectacle a vraiment bien marché ! Parfois, lors des exercices préliminaires d’improvisation, c’était plus difficile… » Pour Mathias, ces exercices préliminaires avaient été essentiels, car « ils ont permis de se lâcher, et de créer de la solidarité dans le groupe : chacun apportait sa pierre à l’édifice ! » Céline, pour sa part, souligne l’importance d’avoir travaillé avec un artiste qui parvenait à motiver les étudiants par son grand professionnalisme, sa faculté de ‘montrer’ ce qu’il fallait faire quand cela calait, mais aussi de soutenir les groupes : « Il croyait en nous ! »
Et Sophie d’apporter le sourire ravi de la fin : « Le public était vraiment avec nous… »